Introduction algré leur appartenance à la même nébuleuse d'accompagnement entrepreneurial, et en dépit de plusieurs points de ressemblance en termes de mission, les structures d'accompagnement interviennent de manière différée pendant le cycle de vie de la startup, et ce depuis la phase de l'idée projet jusqu'aux stades avancés de l'affaire. Les rôles et missions sont également parmi les points de divergences entre les structures d'accompagnement. Il est à rajouter que ce type de structure n'a pas connu un réel développement tels les autres types de structures d'accompagnement, (Fache, 2006).
ce fait, plusieurs structures d'accompagnement peuvent intervenir dans le processus d'accompagnement entrepreneurial. Ce dernier étant assez étalé sur le temps et reflétant un besoin de support débutant de la phase d'idéation (le porteur de projet dispose uniquement d'une idée de projet), puis la création (le porteur de projet voit que son idée est assez mâture et mérite d'être commercialisée), ensuite la phase d'amorçage où l'entrepreneur a besoin d'un réseau plus large et d'un financement supplémentaire. Enfin, la phase d'accélération où l'entrepreneur demande un support pour renforcer son équipe ou pour financer son internationalisation par exemple, il s'agit d'un stade assez avancé de la vie de l'entreprise où les besoins sont plus complexes. Eu égard, cette lancée du phénomène d'incubation dans la sphère pratique, la littérature a connu, elle aussi, une grande investigation des chercheurs, qui se sont intéressés à plusieurs axes de recherche dans ce sillage.
En effet, le courant des recherches sur les incubateurs d'entreprises et l'incubation a émergé avec la présentation des premiers résultats sur les profils des incubateurs par Temali et Campbell en 1984 (Masmoudi, 2007). Depuis cette date, plusieurs contributeurs ont fait progresser la connaissance sur le phénomène d'incubation.
Lorsqu'on parle de la construction du corps de recherche sur le phénomène d'incubation, il est opportun de mettre en relief deux pionnières études menées au début des années 2000. La première a été réalisée en 2001 par Albert et Gaynor, sa finalité était de présenter un continuum des courants de recherche sur l'incubation, et ce depuis le début des années 80.
Hackett et Dilts (2004) ont effectué une revue de la littérature, en se basant sur 35 articles académiques publiés dans différents journaux scientifiques. L'objectif des auteurs était de déterminer les orientations de recherche sur l'incubation.
Suivant ces dates, plusieurs recherches sont venues alimenter le champ de recherche sur l'incubation (Amezcua, 2019; Philippart, 2017; Labex Entreprendre, 2016; Marcil, 2013; Bakkali, 2012).
Dans leur travail publié en cahier de recherche du CERAM Sophia Antipolis, Albert et Gaynor (2001) ont procédé à l'identification de l'évolution qu'a connu le phénomène d'incubation, et ce depuis le début des années 80 jusqu'à l'an 2001. Il en ressort de cette revue de littérature, quatre courants de recherche:
Selon Albert et Gaynor (2001), la finalité des études géographiques est de suivre la dynamique du phénomène d'incubation par le monde. En d'autres termes, l'objectif est de pouvoir porter un jugement sur l'évolution du phénomène en fonction de la tendance de création des incubateurs dans chaque pays. Ensuite, ce courant s'est intéressé à la diversité des incubateurs qui a été expliquée par des facteurs de contingence: La forme de la structure (privée ou à but non lucratif), l'environnement dans lequel ils opèrent, la nature de leur activité, ainsi que la nature du public visé.
Enfin, nous arrivons au troisième objet de recherche qui escomptait fournir un cadre de compréhension des différences et des similitudes entre les incubateurs et ce via la délimitation des frontières de l'incubation (Mian et Al, 1998) Les études d'impact pilotées par Allen et McCluskey (1990), quant à elles, s'interrogeaient sur le lien entre l'apport du processus d'incubation au taux de survie des entreprises incubées, ceci a ramené les auteurs à revenir encore une fois à la question de l'évaluation de la réussite du processus d'incubation luimême.
Les résultats obtenus dans le processus de réponse à cette problématique ne s'accordent toujours pas sur le moyen de juger au mieux du succès de l'incubation. Parmi les critères que nous retrouvons souvent: l'employabilité, le taux de survie des entreprises, le développement d'innovations, l'accès des entrepreneurs à des réseaux (Bakkali et Al, 2014).
Paradigmes de
Ces études se sont orientées vers la définition de l'accompagnement au sens large et apporter un éclaircissement à l'utilisation des termes « incubateurs d'entreprises » et « incubation d'entreprises ». L'aboutissement de ces recherches a permis de faire la distinction entre l'incubateur comme une véritable agence immobilière de développement de projets et l'incubateur comme un système d'assistance des entreprises en développement (Brooks, 1986;Smilor et Gill, 1986). Cela dit, nous bénéficions aujourd'hui, grâce à ces études, d'une taxonomie classant les structures d'incubation en fonction de leur finalité et du mode de sponsoring (Brooks, 1986;Barbero et Al, 2012. Théodoraki, 2016).
Partant au-delà d'une simple exploration fragmentée du phénomène d'incubation, vers une perspective de plus en plus holistique et systémique, les études sur les configurations des incubateurs avaient comme visée d'expliciter le rôle que jouent ces structures afin d'assurer le passage réussi d'une idée d'affaire plus ou moins élaborée, vers un prototype commercialisable (Bakkali, 2014; Kendrick et Samuelson, 1985).
En effet, l'analyse du rôle des incubateurs commence par décortiquer le processus d'incubation depuis la sélection des candidats jusqu'au financement voire, le réseautage (en fonction de la nature de chaque structure). Autrement, on remarque bien que les différentes composantes des activités de l'incubateur sont employées pour faciliter la transformation d'une idée d'affaire en projet viable (Campbell, et al, 1985).
Peu d'études ont été réalisées pour juger du développement des incubés, le souci est qu'il n'existe presque pas de standards pour évaluer l'évolution de l'incubé en termes d'acquis et d'apprentissage, avant et post incubation. Après leur revue de littérature, Hakeltt et Dilt (2004) pensent que même les études existantes auront une difficulté à arriver à des conclusions pertinentes, à cause de la difficulté à obtenir des données sur les entreprises au cours de ces premières phases de croissance, indépendamment de leur présence dans un incubateur.
Masmoudi (2007), insiste sur la nécessité de fournir un retour proactif sur les incubés, par un suivi des incubés après la phase d'incubation, en encourageant les incubateurs à instaurer des systèmes de suivi tout au long de l'incubation, qui permettrait d'apprécier posteriori le succès. Ceci constitue un élément d'appui à notre problématique de recherche.
Pilotées par Mian (1994), Autio et Klofsten (1998), les études d'impact identifient l'impact économique des incubateurs sur la communauté. Hackett et Dilts ( 2004) précisent qu'il existe trois principaux résultats dans l'étude de l'impact d'incubation. D'abord, le niveau du développement de l'incubateur et le nombre d'incubés sont positivement liés à la survie des incubés (post incubation) 3 (Campbell, 1986).
Ensuite, les incubateurs d'entreprises sont des outils de développement économique plus rentables que les programmes régionaux mis en place pour attirer les entreprises (Allen et Al, 1987). Troisièmement, la recherche dans le domaine de l'impact de l'incubation est très peu étudiée. Nous parlons ici d'un terrain vierge et fertile qui nécessite davantage d'investigation de la part des chercheurs (Campbell et Al, 1986). (Hackett et Dilts, 2004). Actualisé par l'auteu 4 Le principe de cette théorie est que le processus entrepreneurial mène à la conception de nouvelles affaires et que les nouvelles entreprises basées sur ces nouvelles affaires conçues seront la base de la croissance économique en réduisant les coûts de la réalisation des affaires, et c'est bel et bien l'essence du concept d'incubation.
Nous pouvons ajouter également l'utilisation de la théorie des réseaux pour mettre en exergue la valeur ajoutée des incubateurs gérés en réseaux (Hansen, 2000). Ou encore l'utilisation de la théorie des parties prenantes pour mettre en avant les relations (de synergie, de partenariat, de coopération, de compétition ou de coopétition) entreprises avec l'écosystème de l'incubateur d'entreprises.
In fine, le champ de recherche sur l'incubation des entreprises peut faire appel à plusieurs théories explicatives, ce qui en fait l'une de Les structures d'incubation ont été pensées pour apporter un accompagnement aux porteurs de projets, dans le but de leur faciliter le passage d'une idée d'affaire à un produit commercialisé. Comme nous l'avons indiqué en section précédente, la littérature francophone distingue entre le concept de pépinière et d'incubateur, mais dans la présente section nous allons nous focaliser uniquement sur le concept d'incubateur qui constitue un pilier de notre objet de recherche.
En France, le terme « incubateur » s'est appliqué aux structures d'appui sollicitées lors des premières années de démarrage (Sammut, 2010). La littérature anglo-saxonne appréhende ces structures par le biais du concept « Business incubators » qui peut être traduit en français par le terme « incubateur d'entreprises ». Dans la conception anglo-saxonne, le terme incubateur renvoie à une acception ombrelle qui regroupe les différentes structures destinées à soutenir les porteurs de projet de création d'entreprise (Aernoudt, 2004), cela concerne les projets avant création d'entreprise ou post création.
A partir de notre revue de littérature, nous avons procédé à un assemblage des principales définitions tirées des investigations des auteurs qui se sont intéressés au concept d'incubateur d'entreprise. Il apparaît que le concept ne se laisse pas encadrer dans une définition précise en raison notamment de la diversité des structures qu'il regroupe (Rhattat, 2019).
Les incubateurs peuvent être définis par le biais de leurs missions ou objectifs. En général, les objectifs que servent les incubateurs appartiennent aux catégories suivantes:
-La création d'emplois; -Le développement d'activité économique via la création d'entreprises; -Le profit; -Le transfert et la valorisation de technologies; -La revitalisation de zones en difficulté ou en reconversion; -La diversification du tissu industriel; -La promotion de certaines filières d'activité; -La promotion de certaines catégories de populations (Handicapés, femmes analphabets..). -Type de projet (Ou incubé)
Les incubateurs peuvent être généralistes ou spécialisés dans des domaines bien déterminés (l'artisanat, la production, les biotechnologies, l'informatique?) (Masmoudi, 2007). Ils s'adressent, selon le cas, à des populations particulières: étudiants, chercheurs publics, salariés d'une entreprise, femmes ? (Théodoraki, 2014).
La typologie peut également servir comme variable de définition. En effet, les incubateurs peuvent offrir cinq grands types de fonctions, précisons toutefois que les incubateurs peuvent rendre disponibles tous ces services, comme ils peuvent n'offrir qu'une partie, et ce en fonction de leur stratégie voire même la nature du promoteu:
-L'immobilier et la gestion de cet immobilier: aménagements, installations diverses, locations de salles de réunions, etc.?; -Les services de base, souvent en temps partagé: secrétariat, accueil, salles de conférences, cafétéria, lignes à haut débit, etc.?; -Les services de conseils et d'assistance qui peuvent se rapporter aussi bien aux opérations quotidiennes (juridiques, personnel, relations bancaires, comptabilité) qu'aux aspects stratégiques: conseils, mises au point de businessplans, conseil en marketing, conseil financier, propriété industrielle, etc.?; -La formation aux divers aspects du management et le coaching individuel; -La mise en relation à travers des réseaux financiers, technologiques, commerciaux qui permettent à l'entreprise d'avoir accès à des partenaires, à des clients, etc.?.
Il s'agit des sources de financement de l'incubateur comprenant l'investissement et l'exploitation en phase de démarrage (fonds d'amorçage) et de maturité. Les revenus peuvent venir d'une large palette de moyens:
loyers et services aux entreprises en incubation; -services extérieurs; -subventions en argent ou en nature; -sponsoring; -revenus différés (royalties, actions).
Nous tenons à préciser qu'il n'existe pas un modèle de financement commun aux incubateurs d'entreprises et que cela dépend évidemment de plusieurs variables, la nature de l'incubateur (Public/Privé) sera en tête de liste.
De sa part, le contexte impacte l'objectif et la mission de l'incubateur, par conséquent la définition de l'incubateur sera différente, de façon modérée, d'un contexte à un autre. Un incubateur placé dans une région en reconversion, ou dans une zone industrialisée ou en zone rurale aura affaire à des conditions très différentes. Un incubateur de grandes entreprises sera conditionné par la culture, le métier et les ressources de l'entreprise, mais également par le service auquel il sera rattaché. Ceci nous ramène à déduire que l'activité de l'incubateur ainsi que l'accès aux différents réseaux d'affaires, les deux sont fortement dépendants du capital social de ce dernier.
En combinant l'approche d' Albert (2002) ainsi que les constats pratiques que nous avons pu développer via nos observations du terrain, nous avons pu construire la définition synthétique suivante: Les incubateurs d'entreprises sont des structures d'accompagnement stimulant l'esprit créatif et apportent de l'appui technique, logistique, psychologique, des ressources humaines qualifiées et des opportunités de financement. Ce sont généralement des structures privées ou des ONG sponsorisées par des fonds publics (Stratégies nationales pour l'encouragement de l'entrepreneuriat), ou privés (stratégies de RSE).
V.
A partir de notre revue de littérature, nous présumons qu'il existe plusieurs classifications d'incubateurs d'entreprises. La classification historique fait la différence entre ceux à but lucratif et ceux à but non lucratif (Amezcua, 2010). La propriété des premiers est de générer un retour sur investissement pour leurs investisseurs, les seconds s'intéressent à l'accompagnement des entreprises qui agissent pour la résolution des défis sociaux dans une communauté (promotion de l'emploi, lutte contre les disparités, renforcement des capacités des femmes).
Toujours en se basant sur notre revue de littérature, celle-ci plaide que les incubateurs ont la part de lion au sein de l'écosystème d'accompagnement entrepreneurial (Spigel, 2015 Outre la problématique de typologie, vient l'enjeu de la variété des services proposés, Carayannis et Von Zedtwitz (2005) synthétisent ces services en cinq types principaux : l'accès aux ressources physiques, les services administratifs, l'accès aux ressources financières, le soutien entrepreneurial au démarrage, l'accès au réseau. Le premier service correspond à l'hébergement des entreprises incubées et aux facilités spatiales (bureaux, meubles, facilités sportives, etc.). Le deuxième s'adresse à l'infrastructure logistique et aux services bureautiques (secrétariat, imprimante, mailing, fax, etc.). Le troisième offre l'accès aux ressources financières telles que les business Angels, les sociétés de capital-risque, les institutions publiques de financements, etc. Le quatrième concerne le conseil des entreprises sur le management, la comptabilité, la finance ou le conseil juridique et fiscal. Le cinquième permet d'avoir accès à un réseau solide pour faciliter l'émergence et le développement des jeunes entreprises (Bøllingtoft, 2012)
À la suite de cette classification, nous pouvons dire que la diversité des acteurs et l'évolution de l'écosystème amènent les incubateurs à se positionner et à développer des stratégies qui leur permettront de gagner des avantages compétitifs et de survivre (Philippart, 2017


| pour engager des stratégies dynamisant l'écosystème | |||||
| d'accompagnement. Ces recherches ont évolué pour | |||||
| traiter des facteurs de succès 2 | des processus | ||||
| d'incubation. Autrement dit, les chercheurs ont proposé | |||||
| des facteurs qui peuvent faciliter le verdict d'un | |||||
| incubateur performant ou non. | |||||
| L'évolution des recherches perspectives a | |||||
| conduit à s'intéresser au management des structures | |||||
| d'incubation, et plusieurs relations causales ont été | |||||
| mises | en | exergue: | l'impact | des | variables |
| environnementales sur le mode de gestion des | |||||
| incubateurs (Klofsten et Al, 1998 ; Sammut, 2008), le | |||||
| besoin de conseil financier en fonction de l'étape du | |||||
| cycle de vie d'un incubé (Newton, 1994), Le lien entre | |||||
| la sélection des incubés et la réussite du processus | |||||
| d'incubation (Newton,1996), L'évolution des modes | |||||
| d'accompagnement en fonction de l'évolution des | |||||
| attentes des incubés et de leurs profils (Messeghem et | |||||
| Al, 2014). | |||||
| Ces recherches ont permis d'élaborer des | |||||
| guides de bonnes pratiques d'incubation, destinés aux | |||||
| accompagnateurs, aux responsables d'incubateurs, aux | |||||
| financeurs et aux incubés. Bref, les guides ciblent | |||||
| principalement les quatre parties prenantes directes du | |||||
| processus puisqu'ils sont directement influencés par le | |||||
| processus d'incubation. | |||||
| d) Les recherches évaluatrices | |||||
| Le courant évaluateur s'est penché sur deux | |||||
| principales problématiques, à savoir la mesure de la | |||||
| performance des incubateurs et les études d'impact du | |||||
| processus d'incubation sur la réussite des entreprises | |||||
| incubées. Toutefois, en ce qui concerne la | |||||
| problématique de performance, Albert et Gaynor (2001) | |||||
| avaient conclu que « aucune étude n'a pu jusqu'ici lier | |||||
| empiriquement des processus supérieurs d'incubation | |||||
| directement avec de bons résultats ». Ils rajoutaient, que | |||||
| rares sont les études qui ont abouti à prouver | |||||
| empiriquement que le recours à un incubateur | |||||
| augmente d'une manière significative la performance | |||||
| d'une entreprise incubée comparée à une entreprise | |||||
| n'ayant pas bénéficié d'un programme d'incubation. | |||||
| c) Les recherches prescriptives | |||||
| Le but ultime des recherches perspectives était | |||||
| de plaider pour l'apport des incubateurs au | |||||
| développement économique des nations. Ceci été | |||||
| motivé par un besoin d'information exprimé par les | |||||
| pouvoirs publics, le but étant de dresser l'état des lieux | |||||
| originaire des États-Unis 6 | . Nous remarquons également | ||||||
| une nette différenciation de la fonction de l'incubateur, | |||||||
| au niveau de la littérature anglo-saxonne et | |||||||
| francophone, d'ailleurs nous l'avons signalé lors de | |||||||
| l'énumération | des | principales | structures | ||||
| d'accompagnement. | |||||||
| Une terminologie divergente | |||||||
| IV. | Les Incubateurs D'entreprises: | ||||||
| Classifications et Taxonomie | |||||||
| Les incubateurs sont des structures d'appui à la | |||||||
| création d'entreprises. Ils réunissent des ressources | |||||||
| spécialisées dédiées à l'accompagnement et | |||||||
| l'assistance des entreprises avant leur création ou dans | |||||||
| les premières années de leur vie. Ils comprennent en | |||||||
| général, un hébergement immobilier, des services | |||||||
| administratifs, des actions de conseil et de mise en | |||||||
| relation avec les réseaux d'affaires notamment | |||||||
| financiers (Albert et Al, 2002). Concernant le volet | |||||||
| scientifique, le corps de la recherche scientifique sur les | |||||||
| incubateurs a connu une évolution depuis la description | |||||||
| du phénomène d'incubation, jusqu'aux études visant | |||||||
| l'évaluation d'impact 5 | . De la sorte, les définitions des | ||||||
| incubateurs d'entreprises ont connu, de leur côté, une | |||||||
| évolution, et ce à partir des années 80. | |||||||
| a) Terminologies et definitions du concept | |||||||
| Lorsque nous essayons de trouver une | |||||||
| définition | faisant | l'unanimité | sur | l'incubateur | |||
| d'entreprises, nous nous retrouvons face à une | |||||||
| multitude de ces dernières, les unes plus ou moins | |||||||
| différentes des autres. Ce qui est intéressant à noter, | |||||||
| c'est que la majorité de ces définitions sont plutôt | |||||||
| sommaires depuis la naissance du concept des | |||||||
| incubateurs d'entreprise, mais elles vont en | |||||||
| s'enrichissant au fil des années. Autre fait à noter dans | |||||||
| cette recherche est le nombre réduit de définitions | |||||||
| francophones, ainsi que le peu d'auteurs francophones | |||||||
| ayant développé des théories sur les incubateurs | |||||||
| d'entreprises. La majorité de la littérature est anglo- | |||||||
| saxonne, probablement du fait que le concept est | |||||||
| 5 Comme présenté antérieurement | |||||||
| Auteur Smilor et Gill (1987) | Tableau 2: Quelques définitions du concept d'incubateur (l'auteur) Définitions Les principaux atouts d'un incubateur sont de faciliter l'accès au Le but de l'incubateur est de créer une synergie entre plusieurs -C'est un acteur qui développe Contributions facteurs (talent, technologie et connaissances) pour développer l'esprit entrepreneurial via la création les comportements entrepreneuriaux, accélère la d'une synergie entre les prestations commercialisation de la technologie et encourager le développement de nouvelles entreprises. [Page : 11-13] offertes. | |||
| Kunegel (2019) Allen et Al (1985) | financement, grâce aux réseaux et à l'expertise fournis qui renforcent la crédibilité d'un projet et réduisent les asymétries d'information. Également, l'accompagnement d'un projet par un incubateur ou un parc scientifique rend plus facile l'accès au financement public. [Page : 118] Les incubateurs sont conçus pour aider des entrepreneurs à développer leurs projets d'entreprises dans un environnement de support. Sans incubateur, la plupart des entrepreneurs ne seront pas dans les affaires ou ne luttent pas pour rester dans les affaires. [Page : 14] | -L'accès au financement (public et privé) grâce à l'expertise et le réseau de l'incubateur -En l'absence d'incubateur, les entreprises ne développeront pas une résistance face aux mutations de l'écosystème d'affaires. | ||
| Vu les caractéristiques de notre contexte marocain que nous avons pu relever grace à des entretiens non structurés ainsi que des observations participantes et non participantes, et dans le cadre de ce travail de recherche, nous avons décidé de nous | -Universités / Grandes Écoles; -La gamme de services proposée est professionnelle et personnalisée (hébergement, services technique, financiers, -Centres de recherche; -Associations privées; -Fondations / Trust / Associations philanthropiques; ?) ; -Grandes entreprises; | Year 2021 | ||
| NBIA 7 inspirer de l'approche d'Albert (2002) pour construire (2016) notre définition. Cette approche nous semble la plus | -La durée d'incubation peut aller -Sociétés de Conseil; jusqu'à deux ans et demi. -Cabinets juridiques; | |||
| Chabaud (2010) adaptée à notre contexte et à nos particularités. L'auteur Le métier de l'incubateur se conçoit comme celui de gestionnaire des réseaux sociaux de la jeune entreprise. La légitimité des porteurs de projets s'apprécie au regard des réseaux sociaux accessibles et mobilisés par la structure d'accompagnement et en fonction de l'encastrement possible du porteur de projet dans ces réseaux. [Page: 2-3] n'établit donc pas de distinction radicale entre incubateur et pépinière 8 Six variables pour comprendre les incubateurs d'entreprise . Pour lui le rôle de l'incubateur n'est pas exclusif à une phase d'incubation (avant ou post création). Plus tard, Albert (2003), présente six variables clés pour bien comprendre et définir ce que c'est qu'un incubateur. -Gestionnaires immobiliers; -Le rôle d'un incubateur est lié en grande partie au réseau qu'il procure à ses porteurs de projets ; -Entrepreneurs indépendants; -Capitaux Risqueurs; -Business Angels. Cette diversité des promoteurs témoigne encore une fois du dynamisme que connaît l'écosystème entrepreneurial et celui de l'accompagnement en particulier. De plus, cette multitude d'acteurs démontre l'intérêt croissant de ces Paturel et Al (2016) Le mot incubateur est généralement réservé aux structures d'accueil et d'accompagnement des porteurs de projets de création d'entreprises alors que celui de pépinières correspond aux structures d'hébergement des entreprises nouvellement créées avec, inévitablement, une zone de flou à partir du moment où s'arrête l'incubation et où commence la fonction de la pépinière. [Page : 64] sont changeantes (Incubateurs, pépinière, hôtel la pépinière. taxonomies d'incubateurs présentées par les experts chronologiquement avant celui de Bernasconi, et Gaynor ; les auteurs pensent que les -Le rôle de l'incubateur se place management (CERAM) menée en 2002 par Albert, pépinière et l'incubateur ; d'enseignement et de recherche appliqués au -une frontière peu claire entre la Dans le cadre de l'étude réalisée par Centre intervenants à encourager l'acte entrepreneurial. | Volume XXI Issue VIII Version I ( ) A | |||
| d'entreprise, ?) et nécessairement insatisfaisantes, car | ||||
| Le Business incubators est un environnement spécifiquement elles ont du mal à rendre compte d'une réalité | ||||
| Hackett et Dilts multiforme et évolutive. D'après leur étude, il existe six organisé pour stimuler la croissance et le développement de nouvelles entreprises en apportant les ressources nécessaires éléments pour comprendre et définir l'incubateur au développement et à la commercialisation de nouveaux d'entreprise. produits ou services, c'est une organisation qui offre à des entreprises en démarrage des « locaux à bureaux partagés » et 1. Les promoteurs (2004) un « système stratégique à valeur ajoutée d'intervention » et A partir de leur enquête terrain, les auteurs ont | -L'apport de l'incubateur se traduit par une offre d'hébergement, et un bouquet de service techniques. | |||
| d'assistance en gestion. [Page : 56-57] pu détecter une panoplie de promoteurs des | ||||
| Albert (2003) incubateurs relevant du secteur public et privé. Les incubateurs sont « des structures d'appui à la création Evidemment, les promoteurs ne créent pas un d'entreprise, qui accordent des ressources spécialisées dédiées incubateur en poursuivant les mêmes objectifs. Ceux-ci à l'accompagnement et l'assistance des entreprises avant leur création ou pendant les premières années de leur vie ». [Page : 28] peuvent varier sensiblement d'un promoteur à l'autre. Les autres caractéristiques (types de projets auxquels ils s'adressent, modalités de financement de L'incubateur est un facilitateur pour de multi locataires qui offre aux entrepreneurs : « (1) des loyers flexibles de petites sommes pour des espaces de bon marché ; (2) une réserve de services l'incubateur) peuvent aussi varier fortement d'un promoteur à l'autre.: | -L'incubateur intervient durant les premières années de la création ; -Pas de deadline pour la période d'incubation ; -L'accompagnement nécessite des ressources spécialisées. -En plus du soutien technique et de l'hébergement, l'incubateur doit | |||
| bureautiques partagés pour réduire les frais généraux ; (3) -Etats, départements ministériels; | intervenir pour faciliter l'accès au | |||
| quelques formes d'assistance professionnelle et managériale ; -Collectivités locales ou régionales; Brooks (1986) et (4) l'accès ou l'assistance pour acquérir le capital de départ ». -Chambres de Commerce et d'Industrie; [Page: 25] -Associations ou Syndicats de développement | financement d'amorçage pour ses incubés. | |||
| économique local; | ||||
| © 2021 Global Journals | ||||
| Tableau 4: Typologie des incubateurs d'entreprise 10 | ||||||
| VI. | ||||||
| Incubateurs de développement économique | Incubateurs académiques et scientifiques | Incubateurs sociaux | Incubateurs technologiques | Incubateurs privés | ||
| Finalité | A but non lucratif | A but non lucratif | A but non lucrative | Profit | Profit | |
| Activités dominantes | Généraliste | High Tech | Sociale | High Tech | High Tech | |
| Objectifs | -Création d'emplois -Reconversion/ Revitalisation -Développement économiques -Soutien à des populations ou industries particulières -Développement des PME et des | -Valoriser la technologie -Développement de l'esprit d'entreprise -Citoyenneté -Ressources financières -Image | -Intégration de certaines catégories sociales -Création d'emplois -Développement économique -Création de richesses sociales | marchés de nouveaux technologies et nouvelles -Développer l'esprit d'entreprises -Accès à de -Veille talents -Retenir des parmi les salariés | portefeuille les entreprises du -Coopération entre répartir les risques permettant de d'entreprise portefeuille -Profit par revente d'actions d'un | Year 2021 |
| réseaux (clusters) | -Profits | |||||
| -Petites | ||||||
| entreprises | -Projets internes | |||||
| Cibles | artisanales, commerciales ou de services -Dans certains cas d'entreprise | -Projets internes aux institutions avant création -Projets externes | -Projets à forte dimension sociale | et externes, en général en relation avec les métiers de l'entreprise | -Start-up technologiques | ( ) A |
| High Tech | ||||||
| © 2021 Global Journals | ||||||
| Nous | avons | décidé | d'adopter | cette |
| classification pour traiter du cadre théorique et | ||||
| empirique des incubateurs d'entreprises. Notre choix | ||||
| est motivé par plusieurs raisons: | ||||
| -Une classification qui synthétise les classifications | ||||
| antérieures, | ||||
| - | ||||
« Les implications de l'évolution des écosystèmes entrepreneuriaux sur le mode d'accompagnement des structures d'incubation ». Am. J. innov. res. appl. sci 2017. 2017. 5 (4) p. .
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