Gouvernance, libéralisation financière et croissance économique: Aperçu théorique et vérification empirique

Table of contents

1. Introduction

u cours des dernières années, les économies émergentes ont réalisé des performances macroéconomiques importantes. Pour renforcer ces performances, les autorités de ces pays ont engagé plusieurs réformes institutionnelles touchant le fonctionnement de l'économie d'une manière générale. L'objectif majeur de ces pays est d'atteindre le processus de transition vers la « bonne gouvernance ». En effet, l'amélioration de la qualité des institutions devient fatale pour aboutir un niveau de développement Author : Unité de recherche ENVIE-FSEG Tunis-Université Tunis El Manar. E-mail : [email protected] durable et atteindre un taux de croissance économique élevé. D'un point de vue théorique et empirique, plusieurs études montrent l'existence d'une relation limitée entre le cadre institutionnel et la croissance du produit intérieur brut par tête (Laurent Clerc et Hubert Kempf, 2006) 1 .

Différents économistes ont affirmé, au cours des dernières années, qu'une des raisons principales pour laquelle les taux de croissance sont différents entre les pays est que la qualité de l'environnement économique dans lequel les agents opèrent est différente. Cet environnement comprend les lois, les institutions, les règles, les politiques et les régulations gouvernementales du pays.

De bonnes institutions sont caractérisées par des structures et des lois incitatives qui réduisent l'incertitude et soutiennent l'efficacité. Elles contribuent à une plus forte performance économique. En effet, un environnement favorable à la croissance est celui qui fournit une protection adéquate pour les droits de propriété et qui donne aux agents l'incitation à produire, à investir et à accumuler des compétences.

Parmi les études empiriques consacrées à la relation institutions/croissance, celle de la Banque Mondiale (2003) 2 relative aux pays MENA. L'étude a montré que depuis les années 80, la moyenne annuelle de la croissance économique par habitant dans la région MENA a été de 0,9%, un niveau inférieur à celui de l'Afrique Subsaharienne. L'origine de ce retard dans la croissance dans la région MENA est le fossé en matière de gouvernance. En effet, les simulations montrent que si MENA avait pu atteindre une qualité moyenne d'administration du secteur public comparable à celle d'un groupe de pays performants de l'Asie du Sud-Est, ses taux de croissance auraient été plus élevés, de près d'un point de pourcentage par an.

Conscient de l'importance de la bonne gouvernance dans l'amélioration de l'environnement des affaires, de la compétitivité et de l'attractivité du Bouzid AMAIRA Résumé -L'article examine si le cadre institutionnel d'un pays, mesuré par la corruption, le risque, les lois, l'ethnique, les contrats et la bureaucratie, affecte sa croissance économique; et si l'effet est différent entre les pays émergents. L'étude porte sur 19 pays; pour la période 1990-2005. En utilisant la méthodologie utilisée par plusieurs économistes, qui ont vérifié cette relation dans le cas de PD et de PED, le modèle se base sur une fonction de production générale et emploie la technique de données de panel dynamique. Les résultats obtenus sont similaires à ceux de travaux récents et indiquent une relation positive entre la gouvernance et le taux de croissance pour les pays « goods » gouvernés; et une relation négative pour les pays « buds » gouvernés. Ce type de résultats peut venir influencer les décisions des autorités concernant les politiques économiques à adopter.

pays, ainsi que de la gestion efficiente du capital humain, les autorités publics des pays émergents ont inscrit, un ensemble de réformes visant à lancer un nouvel souffle au développement du pays, à ouvrir des perspectives à l'implication des différents partenaires et composantes de la société et à lancer ainsi les bases d'un nouveau mode de gestion du développement.

La mesure de la qualité de la gouvernance est une tâche ardue. La Banque Mondiale en 2003 a élaboré un ensemble d'indicateurs permettant de juger de la qualité de plusieurs aspects de la gouvernance.

Aujourd'hui, les dimensions et les mesures de la gouvernance nous amenons à explorer l'idée de distinguer entre la gouvernance au niveau macroéconomique et la gouvernance au niveau microéconomique.

En terme macroéconomie, la gouvernance signifie « les traditions et les institutions au travers desquelles s'exerce l'autorité dans un pays » (Kaufman, Kraay et Zoido-Lobaton, 1999 a et b) Inclut plusieurs indicateurs qui mesurent la confiance de citoyens dans le respect des lois et règles 3 Kaufmann D., Kraay A. and Zoido-Lobaton P. (1999): «Institutions, and Growth», World Bank Working Paper, N° 2448. September 1, 1999. 4 Charreaux G. (1997): « Le gouvernement des entreprises, Corporate Governance, théories et faits », Edition Economica. 5 de la société. Ceci inclut les perceptions de l'incidence des crimes, l'efficacité et la prévisibilité du système judiciaire, et l'applicabilité des contrats judiciaires; L'absence de corruption Mesure l'étendu de la corruption, définie comme étant l'utilisation du pouvoir public pour des intérêts personnels et des profits privés en termes de richesse et gain corrompu.

Le phénomène de croissance a été développé par différentes théories économiques. Ces théories montrent l'importance de l'accumulation du capital physique dans le processus de développement. Elles se subdivisent en trois courants de pensée différents. Le premier courant inspiré de la théorie keynésienne, dont les principaux partisans Domar (1946 et 1947) 6 et Harrod (1948) 7 . Le second courant est apparu vers la moitié des années 50 prend l'appellation « néoclassique », était développé essentiellement par Solow (1956) 8 . Le troisième courant correspond à la théorie de croissance endogène suite aux travaux réalisés par Romer (1986) 9 et Lucas (1988) 10 .

Après avoir cité les principales considérations théoriques prises par ces trois courants de pensée, notre objectif dans cette section consiste à évaluer si la libéralisation financière a ou non un effet sur la croissance économique à long terme. Nous utilisons un modèle empirique « standard » de croissance.

On organisera notre étude de la manière suivante. La section II présentera des modèles théoriques de la croissance économique; ensuite, la section III couvrira les méthodes économétriques théoriques et empiriques et spécifiera le modèle employé; la section lV présentera les résultats empiriques obtenus et enfin, la section V conclura l'étude.

2. II.

3. Modélisation Empirique

Le modèle de Les principales prédictions du modèle de Solow concernent l'impact de l'investissement et de la croissance de la population sur le revenu réel. En remplaçant (k) telle que dans l'équation (2.5) dans la fonction de production et en mettant sous forme logarithmique le revenu par tête on obtient : La question essentielle est de savoir si les données sont en accord avec les prédictions du modèle de Solow concernant les déterminants du niveau de vie. Ainsi, Solow suppose que (g) et (s) sont constants entre les pays, avec (g) qui reflète le niveau d'avancement des connaissances qui n'est pas une spécificité des pays. Le terme (A 0 ) reflète non seulement la technologie, mais aussi les dotations en ressources, le climat, les institutions. Il sera donc différent entre les pays. (A 0 )

4. Global Journal of Management and Business Research Volume XII Issue IX Version

I © 2012 Global Journals Inc. (US) ? ? a t t a t t L A K Y ? ? 1 Avec 0 < a < 1 (2-1) nt t e L L 0 ? (2-2) gt t e A A 0 ? (2-3) t t L A ( AL K k ? ) AL Y y ? t t t k g n sy K ) ( ' ? ? ? ? ? t a t t k g n sk K ) ( ' ? ? ? ? ? (2-4) ? * * ) ( k g n sk a ? ? ? ? a g n s k ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? 1 1 * ) ( ? (2-5) ) ( ) 1 ( ) 1 ( ) ( 0 ? ? ? ? ? ? ? ? ? g n? ? ? ? 0 LogA ? ?) ) ( ( ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ) ( ) 1 ( ) 1 ( ) ( g n Log a a LogS a a gt L Y Log t t (2-7) ? ? b a t t b t a t t L A H K Y ? ? ? 1 (2-8) nt t e L L 0 ? (2-9) ) ( 0 q X gt t e A A ? ? (2-10) t t k t k g n y s k ) ( ' ? ? ? ? ? (2-11) t t h t h g n y s h ) ( ' ? ? ? ? ? (2-12) AL Y y ? , AL K k ? AL H h ? ?). ( b a b h b k g n s s k ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? 1 1 1 * ? (2-13) b a a h a k g n s s h ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? 1 1 1 * ? (2-14)

En remplaçant par les valeurs des équations (2.13) et (2.14) dans la fonction de production, en mettant sous forme logarithmique, et en posant , nous obtenons le revenu par tête d'équilibre:

x b a ? ? ) ( h k q t t Logs x b Logs x a g n Log x x X gt LogA L Y Log ) 1 ( ) 1 ( ) ( ) 1 ( ) ( 0 ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? (2-15) x x ? 1 , x a ? 1 x b ? 1 (n + g + ?).

5. Méthodes Économétriques

La majorité des travaux économétriques qui intéressaient aux phénomènes macroéconomiques se limitent à l'utilisation d'une analyse statique. Toutefois, l'attention des études récentes est portée sur le recours à une autre analyse dite « dynamique », pour comprendre les décisions des pays en termes d'instauration d'une politique financière, économique et institutionnelle. Bien que notre modélisation empirique prenne en compte plusieurs variables usuelles, il serait préalable de faire le recours à une analyse dynamique en données de panel. Comme les deux approches (statique et dynamique) sont complémentaires, il nous parait utile de les présenter pour choisir la méthode d'estimation la plus appropriée.

Le modèle statique test l'hypothèse de convergence conditionnelle selon laquelle le niveau de développement est une variable aléatoire. L'estimation par la méthode de moindres carrés ordinaires (MCO) de toutes les données empilées suppose l'homogénéité des pays, ce qui peut conduire à des estimations biaisées. Les différences structurelles de niveau de la productivité entre les pays justifient la source d'hétérogénéité du modèle et par conséquent la non validité de l'hypothèse d'homogénéité. Par ailleurs, il nous parait important d'introduire des variables indicatrices temporelles pour contrôler les fluctuations macroéconomiques qui affectent tous les pays. L'économétrie de panel permet de contrôler l'hétérogénéité des observations dans leurs dimensions individuelles soit par la prise en compte d'un effet spécifique supposé certain (effets fixes) soit par la prise en compte d'un effet spécifique non observable (effets aléatoires). La dimension temporelle est prise en compte par l'introduction de variables muettes. L'estimation par effets fixes qui utilise les écarts aux moyennes individuelles élimine les différences persistantes entre les pays. Cette procédure privilégie la variabilité intra individuelle. En outre, elle présente également l'avantage de pouvoir identifier et mesurer des effets qui ne sont pas directement observables en coupe transversale ou en séries temporelles.

Toutefois, le modèle à effets fixes équivaut à introduire des variables muettes pour chaque individu et il est par conséquent coûteux en terme de degré de liberté (Greene, 1993) 12 . Le modèle à effets aléatoires suppose quant à lui l'indépendance entre le terme 11

? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? 0 0 0 1 1 ) ( 1 ) 1 ( LogA gt Logy X Logs x b Logs x a g n Log x x e Logy Logy q h k t t ? ? (2-18) ? t gT t k e A y 0 ? (2-19) t t GOUV t T GOUV g g t k e A y 1 0 1 0 ) ( 0 ? ? ? ? ? (2-20)

d'erreurs qui prend en compte l'effet spécifique et les variables explicatives. Deux tests sont donc critiqués pour valider la spécification du modèle. Un test de Chow permet de verifier l'existence d'un effet individuel (Hsiao, 1986) et un test de Hausman, permet de valider l'exogénéité de l'effet spécifique par rapport aux variables explicatives (Hausman, 1978) 13 .

Le modèle statique se présente comme suit : : La variable endogène, qui représente la croissance économique du pays i pour la période t.

Le vecteur des variables exogènes.

i i : Effet spécifique permettant de contrôler les différences non observables, qui existent entre les pays.

t : Effet temporel permettant de contrôler les chocs conjoncturels qui frappent les économies . ei,t : Erreur aléatoire, identiquement indépendant distribution (iid) et suivant la loi normale d'espérance nulle et de variance 2 .

Une des principaux problèmes qui peuvent se poser dans le cadre du modèle à effets fixes et à effets aléatoires sont les suivants : , .

Le modèle dynamique se caractérise par la présence d'une ou de plusieurs variables endogènes retardées parmi les variables explicatives. Dans notre cas, il y a une seule variable endogène retardée.

6. Avec , la variable endogène ; , les l'hétérogénéité individuelle et , le terme d'erreur

Cette approche à l'avantage par rapport aux données en coupe transversale utilisées dans les études précédentes, de tenir compte de deux effets : l'effet temporel des séries qui permet de contrôler les chocs conjoncturels frappant les économies et l'effet spécifique permettant de surveiller les différences non observables, qui existent entre les pays. De même, cette méthode peut être considérée comme le meilleur moyen pour répondre au phénomène de croissance car elle fournit des informations en dynamique pour un grand nombre de pays.

Nous évaluerons le modèle à l'aide de trois méthodes économétriques : la méthode des moindres carrés ordinaires (MCO) avec effets communs, la méthode « within » avec des effets spécifiques fixes par pays et la méthode des moindres carrés généralisés avec des effets spécifiques aléatoires. Pour tester l'existence des effets individuels, nous effectuerons le test de spécification proposé par Hsiao (1986) 15 .

Le recours à l'approche en données de panel, nous amène à vérifier dans un premier temps le degré d'homogénéité ou d'hétérogénéité du processus générateur de données. Pour ce faire, il s'agit tout d'abord de tester l'égalité des coefficients du modèle étudié dans la dimension individuelle c'est-à-dire de vérifier que le modèle étudié est parfaitement identique pour tous les pays, ou au contraire que chaque pays de l'échantillon possède de spécificités particuliers.

Notre objectif est de préciser la nature de relation entre la croissance économique mesurée par le taux de croissance de PIB réel par tête et la gouvernance (GOV) avec l'introduction des variables du contrôle pour N pays émergents et sur une période de T vagues.

Soit le logarithme du PIB réel par tête, l'indice de gouvernance et le logarithme des variables du contrôle et que l'on suppose que notre fonction de production de type Cobb-Douglass, le modèle général s'écrit sous la forme :

Avec t i t i t i t i e Z y , , , ? ? ? ? ? ? ? ? ? (3-? ? ? ? ? ? ? ? ? ? N i , 1 ? ? et ? ? T t , 1 ? (3-2) i ? t i y , t i z , i ? i ? iid ?N(0, 2 w ? t i e , [ t i e , iid ?N(0, 2 e ? )].

variables exogènes ; (?,?) les parameters d'estimation; Plusieurs interprétations et enseignements peuvent être tirés de ces estimations. Tout d'abord, le coefficient négatif et non significatif de la variable endogène retardée indique le non convergence des PIB de ces pays étudiés.

t i y , t i GOV , i Z , t i t i i t i i i t i Z GOV y , , , , ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? N t N i , 1 , , 1 ? ? ? ? (3.3) ) , 0 ( 2 , ? ? ? ? ?? ? iid t i ? ? N t , 1 ? ?

Les conclusions sont parfaitement cohérentes aux prédictions du modèle. Les coefficients des variables (LINV) et (LINFL) ont chacune le signe prévu et les deux sont fortement significatifs. En effet, l'investissement est considéré comme le moteur de la croissance économique. Pour le paramètre relatif à la variable inflation, il est fortement significatif et exerce un effet négatif sur la croissance. L'introduction du taux d'inflation comme variable explicative de la croissance est le concept de la répression financière. En effet, un taux d'inflation élevée caractérise des économies où la répression financière est forte, afin que le taux d'intérêt réel soit négatif réduisant le poids de la dette publique. Or, une forte inflation défavorise des investissements à long terme et exerce un effet pervers à la croissance. Cela se coïncide avec les différentes analyses théoriques qui considèrent l'inflation comme un facteur nuisible à la croissance économique.

Le paramètre relatif à la variable capital humain (LH), comme étant un facteur direct de croissance, est positif et statistiquement non significatif pour l'échantillon de l'ensemble de pays. Ce résultat suggère que la faible croissance peut être consécutive à un faible capital humain.

En revanche, le degré d'ouverture (LOUV) est doté du signe positif et non significatif, ce qui montre qu'une plus grande ouverture des économies a un effet conditionné sur la croissance. Ce résultat va à l'encontre de ce que précise la théorie à ce sujet. Dans la mesure où cet indicateur n'est pas optimal et n'est pas très robuste.

L'accroissement de la dépense publique LODDEPPUB) est donc une fraction de réduction significative de la croissance économique. Ce résultat est compatible avec celui de Barro (1997) V.

7. Conclusion

Après avoir présenté un état d'art empirique englobant les principales études qui intéressent ce sujet. Nous avons conclu, parfois, une divergence au niveau des résultats obtenus. Cette divergence est due à la multitude des indicateurs de mesure du degré de la gouvernance. C'est pour cette raison que nous avons essayé dans le cadre de ce travail d'étudier empiriquement la relation entre la gouvernance et la croissance économique par l'utilisation des indicateurs de mesures adéquats. Pour ce faire, nous avons pris un échantillon de 19 pays émergents durant la période 1990-2005. Nous avons fait appel à des techniques en données de panel dynamique.

En guise de conclusion, il importe de mettre en évidence que la gouvernance et la croissance sont positivement corrélées et que le lien entre ces deux variables est statistiquement significatif. Ceci veut dire que la bonne gouvernance est vitale pour toute stratégie de croissance.

Les voies par lesquelles la bonne gouvernance favorise la croissance sont principalement au nombre de deux : elle contribue, d'une part, à l'accélération du rythme de l'investissement qui est nécessaire pour l'amélioration de la croissance et permet, d'autre part de renforcer les secteurs productifs pour faciliter l'accumulation du capital et la répartition de la richesse. Dans ce cadre, les dimensions de la gouvernance qui nécessitent un développement prioritaire afin de renforcer l'efficacité de système productif sont d'une part, celles relatives à la promotion d'un cadre favorable aux investissements afin d'accélérer le rythme de la croissance économique et d'autre part, celles relatives à la mise en place d'un cadre réglementaire et institutionnel en mesure d'améliorer l'efficacité des politiques publiques en matière de développement et notamment celles orientés vers le renforcement des capacités de production.

Pour la mise en place d'un cadre favorable à la croissance, les réformes devraient porter sur le renforcement de la cohérence et de l'anticipation dans les actes de l'Etat, la mise en place d'un système fiscal incitatif, la mise en place d'une législation du travail flexible, la lutte contre la corruption, la réforme du système judicaire et la modification du régime foncier.

Toutefois, ces résultats varient selon la nature de la gouvernance « goods » ou « buds » et la catégorie du pays. En fait, la gouvernance a été la source de défaillance des secteurs financiers et réels et l'émergence de discrimination socio-économique dans les pays émergents, essentiellement, d'Afrique.

Figure 1.
Kaufmann D., Kraay A., Mastruzzi M. (2003): «Governance Matters III. Governance Indicators for 1996-2002», World Bank Policy Research Working Paper, n° 2772, Washington D.C.
Figure 2.
Au total, dans l'étude de Kaufman, Kraay et
Mastruzzi (2003) 5 , l'indice global de gouvernance est
calculé comme la moyenne des six mesures suivantes:
la participation des citoyens et la responsabilisation; la
stabilité politique et l'absence de violence; l'efficacité
des pouvoirs publics; le poids de la réglementation;
l'état de droit et l'absence de corruption.
La participation des citoyens et la responsabilisation
(Voice and Accountability)
Mesure la possibilité des citoyens d'un pays à
participer et à choisir le gouvernement. Il est basé sur
un certain nombre d'indicateurs mesurant différents
aspects du processus politique, des libertés civiles et
des droits humains et politiques;
La stabilité politique et l'absence de violence
(Political Stability)
Mesure la vraisemblance que le gouvernement
en place soit déstabilisé ou renversé par des moyens
anti-constitutionnel et/ou violents soit menacé par l'ordre
public tel que le terrorisme ;
L'efficacité des pouvoirs publics (Government
Effectiveness)
Mesure les aspects liés à la qualité et la
disponibilité du service publique, la bureaucratie, la
compétence des fonctionnaires de l'Etat,
En terme microéconomie, la « corporate governance » ou la gouvernance d'entreprise désigne « l'ensemble des mécanismes organisationnels qui ont pour effet de délimiter les pouvoirs et d'influencer les l'indépendance de l'administration de la pression politique ainsi que la crédibilité et la transparence du gouvernement dans ses réformes, ses engagements et ses politiques adoptées;
décisions des dirigeants, autrement dit, qui « Le poids de la réglementation (Regulatory Quality)
gouvernent » leur conduite et définissent leur espace discrétionnaire » (Charreaux, 1997, p.1) 4 . D'après cette Concentre sur les politiques elles-mêmes incluant des mesures de l'incidence des politiques anti-
définition, la structure de propriété et les divers marché comme le contrôle des prix ou une supervision
partenaires de l'entreprise jouent un rôle crucial dans la et surveillance bancaire inadéquate ainsi que la
détermination du cadre et des règles organisationnels. perception du blocage imposée par une régulation
Cette distinction me semble difficile dans le excessive dans des domaines telles que le commerce
sens où, la qualité de la gouvernance d'entreprise extérieur et le climat des affaires;
dépend de la qualité du système de gouvernance institutionnelle qui emporte dans le pays. Ainsi, la L'état de droit (Rule of Law)
construction d'un indice global de gouvernance n'est
pas facile puisque, au niveau macroéconomique, la
gouvernance dépend des plusieurs variables
qualitatives. En effet, la diversité des indicateurs
s'explique par le caractère complexe et
multidimensionnel de la gouvernance.
Note: 3 . Cette définition souligne que la mobilisation efficace des ressources, la formulation et l'application des politiques adéquates dépendent de la capacité des dirigeants. La gouvernance est qualifiée « bonne » ou « mauvaise », selon le mécanisme de coordination entre le gouvernement, le marché et la société civile. La bonne gouvernance se définit par la crédibilité basée sur la disponibilité et la transparence de l'information, la responsabilisation des pouvoirs publics et la participation à la prise de décisions pour la société collective. Au contraire, la mauvaise gouvernance s'exprime par le manque des règles de droit, l'existence de la corruption, l'asymétrie de l'information, etc. L
Figure 3.
Le nombre d'unités de travail effectif
croit au taux (n+g). Le modèle suppose qu'une fraction
constante (s) du produit est investit. Soit (k) le stock de
capital par unité de travail et (y) le niveau de
produit par unité de travail, il est donné par :
Solow considère les taux
d'investissement, la croissance de la population et le
progrès technique comme exogènes. Les deux inputs,
le capital et le travail sont rémunérés à leurs
productivités marginales. Nous supposons une fonction
de production Cobb-Douglas dont la production à
l'instant (t) est donnée par :
Note: Y L'évolution de K est telle que : Où est le taux de dépréciation. L'équation (2.4) implique que (k) converge vers une valeur stationnaire (k*) définie par ou encore : A l'équilibre, le ratio capital -travail est positivement lié au taux d'investissement et négativement au taux de croissance de la population.
Figure 4.
On suppose que
2012
Où quantités par unités effectives de travail. et sont les June
Il est supposé que la même fonction de
production soit appliquée au capital humain, au capital
physique et à la consommation. En outre, on suppose
que le capital humain et le capital physique se
déprécient au même taux .
Les équations (2.11) et (2.12) impliquent que
l'économie converge vers un équilibre stationnaire défini
par :
Log de convergence. Ainsi, soit (y*) le revenu par tête a a Logs (2-6) découlant de l'équation (2-15), la vitesse de élasticités du revenu par tête respectivement par rapport a a gt LogA L Y Log t t Les termes et sont les à la croissance de la population, à la fraction du revenu convergence est donnée par :
investit dans le capital physique et à la fraction de
revenu investit dans le capital humain. Ce modèle prédit
que la somme des élasticités par rapport à (sk) et (sh)
Note: contient donc certains facteurs spécifiques à chaque pays.Où (H) représente le stock de capital humain, les autres variables étant définies comme dans l'équation (1.1). (L) et (A) croissent à des taux (n) et (g) tel que : Où (X) est un vecteur de politique et autres facteurs pouvant affecter le niveau de la technologie et l'efficacité de l'économie. En outre, (q) représente le vecteur des coefficients relatifs à ces politiques et aux autres variables.Soit (s k ) et (s h ) les fractions du revenu investis respectivement en capital physique et humain. L'évaluation de l'économie est déterminée par : est égal à l'élasticité par rapport à De même, le modèle de Solow prédit une convergence conditionnelle après contrôle des déterminants de l'équilibre stationnaire. De plus, ce modèle fait des prédictions quantitatives sur la vitesse
Figure 5.
i y , t l'influence des spécificités individuelles structurelles
(a-temporelles) sur la détermination du niveau des
Z i , t : variables explicatives. ? Pour le modèle à effets fixes, le problème provient
de la disposition de variables spécifiques à chaque
pays qui étaient constantes au cours du temps.
C'est le cas de la variable de capital humain et de la
variable PIB/tête. Effectuer une régression à effets
fixes aurait conduit à sortir arbitrairement ces deux
variables de l'ensemble des explicatives (Bernard
Eric, 2000, p 15) 14 .
b) Méthode dynamique
? Pour le modèle à effets aléatoires, le problème
provient de l'éventuelle corrélation entre les
variables explicatives et les effets individuels .
Sur le plan économique, cette corrélation traduit
y i , t y i , t 1 z i , t i i e , t
Figure 6.
Gouvernance, libéralisation financière et croissance économique: Aperçu théorique et vérification
empirique
Autrement dit, les élasticités de libéralisation financière et des variables du contrôle sont identiques pour tous les pays , et la productivité technique Toutefois, l'utilisation des données agrégées rend la probabilité que la fonction de croissance soit strictement identique pour tous les pays étudiés est assez faible. ? ? ? ? ? ? ? ? i i , facteurs mesurée par les constantes est identique pour tous les pays . Le modèle s'écrit ainsi : i ? ? ? ? ? ? i des Si l'constants Au contraire, certains facteurs structurels comme l'environnement économique, commercial, géographique et politique peuvent mener à des différences au niveau de la productivité entre les pays. Il est préalable de tester l'hypothèse d'une constante commune à tous les pays. Si cette hypothèse est rejetée, le modèle retenu est un modèle avec effets individuels et prend la forme suivante : IV. Estimation GMM En Système : R. Blundell Et S. Bond (1998) L'estimation que nous présentons ici t i t i t i i t i Z GOV y , , , , ? ? ? ? ? ? ? ? (3.5) t i t i t i t i Z GOV y , , , , ? ? ? ? ? ? ? ? (3.4) 51
correspond à l'estimation GMM en système de R. Blundell et S. Bond (1998). Nous nous limitons aux résultats de cette estimation parce qu'elle permet d'éliminer de façon rigoureuse tout biais lié à l'hétérogénéité individuelle non observée et offre, par conséquent, une meilleure efficacité des résultats de l'estimation. Le tableau ci-dessous synthétise les principaux résultats des régressions effectués : Estimateur de R. Blundell et S. Bond (deux étapes) -0.223 (-2.56) ** 0.130 (3.75) *** -0.0037 (-1.71) * 0.070 (0.96) 0.013 (0.41) -0.0626 (-2.94) *** -0.122 (-2.24) ** 0.0037 (0.60) -0.383 (-0.89) -1.735 0.0827 -1.3916 0.1640 12.414 1 285 est le logarithme de stock de capital humain, cette donnée Variables LOGPIBi,t-1 LOGINV LOGINF LOGH LOGOUV ILF LOGDEPPUB Gouvernance constante AR(1) pvalue AR(2) pvalue Sargan test pvalue Nombre d'ob. n'était pas disponible. Nous avons donc choisi à la place une variable approximative. Cette variable a été calculée en multipliant la population totale par (1-le ratio de la population inactive). Ce ratio correspond à la somme de la population de moins de 15 ans et de plus de 65 ans en pourcentage de la population totale. Cette variable ainsi calculée a été déjà utilisée par Fry (1998) 16 pour l'estimation de la fonction de croissance de dix pays asiatiques. Les régressions sont menées avec l'estimateur d'Arenallo et Bond 1991 qui utilise la méthode des moments généralisés (GMM). Par ailleurs, les auteurs ont proposé le test de validité des instruments de Sargan. C'est un test de sur-identification des restrictions qui suit asymptotiquement une loi du à (p-k-1) degré de liberté. Cependant Ihypothése de la non autocorrélation des est essentielle pour que l'estimateur "GMM" soit efficace. Arellano et Bond (1991) ont proposé un test vérifiant l'absence de l'autocorrélation de premier et de second ordre AR(1) et AR(2) qui suivent asymptotiquement une loi N(0,1). Ainsi si la distribution est non autocorrélée, ce test donne une valeur des résidus différenciés négative et significative au premier ordre et non significative au second ordre. Le tableau 4.1 regroupe les résultats des régressions pour l'échantillon dans sa totalité. Les résultats apparaissent concluants, les trois tests *** (Logh) proposés (AR(1), Global Journal of Management and Business Research Volume XII Issue IX Version I
© 2012 Global Journals Inc. (US)
Note: i ?
6
13
16
20
5

Appendix A

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Notes
6.
Domar E. (1946): «Capital Expansion, Role of Growth and Employment », Econometrica, Vol. 14, n°2, pp: 137-147. Domar E. (1947): «Expansion and Employment», American Economic Review, n°37, pp: 34-35.7 Harrod R.F (1948): «Towards a Dynamic Economics», Macmillan, London.8 Solow RM. (1956): « A Contribution to theory of Growth », Quaterly Journal of Economics, Vol. (70), pp: 65-94.9 Romer P. (1986): « Increasing Returns and Long Run Growth», Journal of Political Economy, Vol. (94), October, pp: 1002-1037.10 Lucas R. (1988): « On the mechanics economics development», Journal of Monetary Economics, Vol. (22), July, pp: 3-42. Gouvernance, libéralisation financière et croissance économique: Aperçu théorique et vérification empirique
13.
Hausman, J. (1978): « Specifications tests in econometrics», Econometrica,Vol. 46, pp. 1251-1271. a) Méthode statique
16.
Fry (1998): "Saving, Investment, Growth and Financial Distortions in Pacific Asia and other Developing Areas", International Economic Journal, volume 12, n°1, 1-25.17 Barro R. (1997): « Determinants of Economics Growth, MIT Press, Cambridge, Mass.18 Devarajan S., Swaroop V., ZOU H.(1996): The Composition of Public Expenditure and Economic Growth", Journal of Monetary Economics, Vol. 37, Avril 1996, pp: 318-344.19 Caselli F., Esquivel G., Lefort F. (1996): « Reopening the Convergence Debate: Anew Look at Cross-country Growth Empirics", Journal of Economic Growth, N°1, Septembre 1996, pp: 363-390.
20.
Acemoglu, D. and Zilibotti, F. (1997) : « Was Prometeus Unbound by
5
© 2012 Global Journals Inc. (US)Le résultat le plus important dans cette régression concerne la variable (ILF). Pour l'échantillon total de l'ensemble de pays cette variable prend un
Date: 2012-01-15